Étant un photographe formé aux techniques argentiques (les films, l’agrandisseur, la chimie photographique et tous ces machins compliqués), quand je me suis converti au numérique, j’ai découvert Photoshop. Un programme très technique, pas du tout intuitif de prime abord, mais terriblement efficace.
Qui n’a jamais entendu parler de ce programme ? Photoshop a même généré un verbe : photoshoper.
Photoshop est le premier logiciel de traitement d’image créé en 1990. Ce fut à l’époque une révolution pour les photographes, la presse et l’édition.
Avec Photoshop, on peut bien sûr travailler ses photos, mais on peut surtout réaliser des photomontages, des affiches, des couvertures de magazines (vous savez, ces filles à la peau tellement lisse, la taille tellement fine et les jambes tellement longues…). Photoshop est aussi devenu un outil dont des artistes se servent pour produire de véritables créations visuelles.
Si Photoshop est aussi célèbre, c’est parce qu’il est une référence en matière de traitement et de création d’images, utilisé par les professionnels du monde entier.  Il était le premier sur le marché et correspondait à un vrai besoin des professionnels de l’image qui lui sont restés fidèles très longtemps, mais les choses commencent à changer.
Depuis 2017, le logiciel n’est plus proposé en licence perpétuelle (que l’on paie une seule fois), il est vendu par abonnement.  Quand l’échéance arrive à son terme, soit on renouvelle l’abonnement, soit on ne peut plus utiliser le programme.  Bien sûr, chaque année, des fonctions supplémentaires sont proposées pour, selon Adobe, son éditeur, améliorer les performances.  Mais ces améliorations sont dérisoires, un photographe peut faire le même travail avec la version 2016 ou 2014 (qu’il achetait une fois pour toutes, en payant éventuellement une mise à jour) qu’avec la version 2019 qu’il doit payer chaque année. Actuellement, Adobe propose deux types d’abonnements au logiciel.  Soit vous choisissez la formule 144€1 par an qui propose Photoshop couplé à Lightroom (logiciel de développement photo2), soit la formule à 290€1 par an pour le seul logiciel Photoshop.  Cette étrange différence s’explique par le fait qu’Adobe veut pousser les photographes à lui rester fidèles.
D’autres éditeurs offrent une alternative sérieuse à Photoshop en proposant des fonctionnalités identiques, en licence perpétuelle pour un tarif très inférieur, voire gratuitement.
C’est le cas de Gimp, un programme gratuit, en open source, tout à fait performant et bien connu des utilisateurs Linux, plateforme sur laquelle il a été créé à l’origine.
Paintshop de Corel est sur le marché depuis près de trente ans mais n’a jamais eu le succès de son concurrent et est, encore aujourd’hui, boudé par les pros comme le grand public.  Il propose pourtant une alternative très crédible à Photoshop pour moins de 80€1 (prix hors promotion).
En 2015, un petit nouveau a montré le bout de son nez : Affinity, édité par la société Serif.  Il offre quasiment les mêmes fonctions que son concurrent, à l’exception de la 3D, pour 55€1 (hors mise à jour majeure).
Et depuis peu, il existe même d’autres alternatives en ligne et gratuites. Photopea est un site qui permet de travailler ou créer des images dans votre navigateur, sans téléchargement d’un logiciel, avec des fonctionnalités similaires à celles Photoshop, tout ça sans débourser un kopek.

1Tarifs 2019
2Voir le blog consacré aux alternatives à Lightroom